Friday, 26 December 2008

Between Past and Future/Entre le passé et l'avenir

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"Perceval"

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The year draws to a close, and one takes stock of what must be consigned to the past, and what may be held in the heart for the future.

L'année arrive à sa fin, et on fait le point de ce qu'il faut laisser dans le passé, et ce qu'on peut garder dans son coeur pour l'avenir.

Perceval was a small white canary who was so tame he would nestle in my hand. He also fit in my daughter’s hand, when she was but five. He would protest with a single loud peep when she took him up to carry him about the house in her fist, and would register his approval of his release with another loud peep. Aside from that he marked no other objection to such adventures. Once back in his cage he would rustle his feathers back into place, flick his tail and burst into song, flitting from one end of the perch to the other, trying to see where the acoustics were best.

Perceval était un petit canari blanc si apprivoisé qu'il se blottait dans ma main. Il était également juste la bonne taille pour la main de ma fille, quand elle n'avait que cinq ans. Il protestait avec un seul piaillement fort quand elle l'attrapait pour le promener à la maison dans son poignet, et il marquait son approbation de sa liberté quand elle le relâchait, avec encore un deuxième piaillement fort. Mais à part ça, il n'avait pas d'autres objections à de telles aventures. Une fois revenu à l'intérieur de sa cage il remettait toutes ses plumes en ordre, donnait un petit coup à sa queue et il se lançait dans une explosion de chanson, volettant d'un bout de son perchoir à l'autre, essayant de trouver où l'acoustique était le mieux.

I recall my childhood home in a New England forest, where sometimes in winter an ice storm would sheathe every leaf and every bough with what seemed to be glass. The rising sun glancing through the ice would dazzle me when I drew my bedroom curtains open. Perceval’s song was as crystalline as that. The liquid notes spilling from his tiny throat cast me back to my own childhood dreamings in the wood: of errant knights longing for the magical bird to sing the secret they sought, if they could only find him among the glittering trees magically turned to diamond.

J'ai grandie dans une maison dans une forêt de la Nouvelle Angleterre, et quelquefois en hiver une tempête de glace laisserait une couche sur chaque feuille et chaque branche qui semblait ainsi d'être fait de verre. La lumière du soleil à travers la glace m'aveuglait quand j'ouvrais les rideaux de ma chambre le matin. La chanson de Perceval était aussi cristalline que ça. Les notes qui surgissaient de sa petite gorge me renvoyaient à mes rêves imaginés dans le bois: de chevaliers errants poursuivant l'oiseau enchanté pour qu'il chante le secret qu'ils cherchaient, si seulement ils pouvaient le trouver parmi les arbres magiquement diamantés.

Perceval lived with us long, trilling his joy as my children grew taller than me. He grew old, and just as the icy wood gradually sparkled less and grew still with the dying day, so did Perceval grow imperceptibly more silent. Not long ago he nestled in my hand one last time, a fluffy ball of white feathers, and then died in the night. As his little wisp of soul fled on soundless, shadowy wings, I dreamed again: of night fallen on the glassy ice-stormed wood of my youth. The diamond trees no longer glittered and sparkled, but the moonlight shining through the ice awoke its mystical nature, and the wood sang a silent song of divinity that never dies.

Perceval a vécu avec nous pendant longtemps, faisant des roulades de joie pendant que mes enfants sont devenus plus grand que moi. Il a vieilli, et juste comme le bois de glace qui étincelait moins et qui se tenait de plus en plus tranquil avec le crepuscule, ainsi Perceval est devenu imperceptiblement de plus en plus silencieux. Il n'y a pas longtemps il s'est blottit dans ma main une dernière fois, une petite boule de duvet blanc avec ses yeux fermés, et puis il est mort dans la nuit. Pendant que le petite soupire de son âme est parti, j'ai rêvé encore: de la nuit tombée sur le bois rendu en verre par la tempête de glace dans ma jeunesse. Les arbres diamantés n'étincelaient plus, mais le clair de lune passant à travers la glace a réveillé sa nature mystique, et le bois chantait une chanson silencieuse de divinité, une chanson qui ne s'arrêtera jamais.

Thursday, 07 August 2008

Babou the Donkey/Babou l'Ane

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1d8d0d4e578961b3d85050ac4dbbd51d.jpgBabou the donkey lives in Normandy in a cloud of flies.

He was already waiting for us, watching intently when I nosed the rental car into the driveway to the old stone house I had rented for a summer holiday with Philippe and Hélène.

The next morning, unable to pry my two teenagers loose from their Gameboys, I decided to strike out on my own to explore the countryside a bit. I strolled up the driveway into the dusty road leading through the farmland. And what was that? I stopped dead, fascinated, to stare at two very long, furry great ears standing up at attention over the hedge. It's astonishing really, how stupid one can be when faced with incongruity, and it took a full minute of deep thinking (I really did need a vacation) before I had the bright idea of simply walking around the hedge, to see what the ears were attached to. And that was how I found the rest of Babou.

1448d4c278f71450abc844447835d9d4.jpgBabou l’Ane vit en Normandie, dans un petit nuage de quelques mouches.

Il nous attendait déjà, regard intense, quand j’introduisais la voiture de location dans le chemin allant vers la vieille maison en pierre que j’ai pris pour les vacances d’été avec Philippe et Hélène.

Le matin après, incapable de défaire mes deux adolescents de leurs Gameboys, j’ai décidé de partir seule pour explorer les environs un peu. J’ai pris le chemin et ensuite la route poudreux coupant les terres agricoles. C’était quoi, ça ? Je me suis arrêtée net, médusée, devant la vision de deux longues oreilles poilues et grises à garde à vue aperçues par-dessus la haie. C’est étonnant, quand même, combien qu’on peut être sot face à une incongruité, et il m’a fallu une minute entière de réflexion profonde (j’étais vraiment en besoin de vacances) avant de trouver que je devais contourner la haie pour voir à quoi les oreilles étaient attachées. Et c’est comme ça que j’ai trouvé le solde de Babou.


8a61bd1894e2a35f877e3bfc36d6a47b.jpgHis owners, I noted sadly, had attached him to a tree on a long chain that I later observed they moved every other day so that his trampling and eating would level the weeds. He watched me now, motionless, head lowered, as I tentatively approached. I didn't know it, but he was a remarkably Pythagorean donkey, and he was in fact so still because he was concentrated on complex calculations of my speed and direction and the coordinates of my precise arrival point in the Exceedingly Mathematical circle described by the compass of his chain; this time and space problem was an interesting one, permitting him to set his own self in motion on a trajectory perpendicular to mine for the purpose of intersection and implicit demands of affection.

It was the start of a summer romance with a mathematician. My children and I took to visiting him once or twice a day, bringing him bits of bread. He watched for us constantly and as soon as we came within his Exceedingly Mathematical circle, he would immediately put his clever mind to work to trot to the position correctly contiguous with our trajectory to ensure he got his ears tickled and nice things murmured into them.

f7c11cee903e7d5bcef5486e72e432f9.jpgSes propriétaires, j’ai noté avec tristesse, le tenait attaché à un arbre, par une longue chaîne. J’ai observé par la suite qu’ils changeaient son arbre tous les deux jours pour que les pieds et la bouche de Babou coupent les mauvaises herbes. Il me regardait maintenant, sans bouger, pendant que je me suis approchée de lui avec précaution. Je ne le savais pas encore, mais il était un âne remarquablement pythagoricien, et il ne bougeait pas parce qu’il se concentrait sur de complexes calculs de ma vitesse et de ma direction et des coordonnées de mon point d’arrivée précis dans le cercle décrit par la compas de sa chaîne ; ce problème de temps et de l’espace était intéressant, lui permettant de se mettre en mouvement lui-même sur un trajectoire perpendiculaire à la mienne pour réaliser son objectif d’intersection et des demandes implicites d’affection.

C’était le début d’une romance de vacances d’été avec un mathématicien. Mes deux grands et moi prenaient l’habitude de lui rendre visite une ou deux fois par jour, pour lui apporter des bouts de pain. Il nous guettait, et dès que nous sommes arrivés dans son cercle mathématique, il mettrait son esprit vif au travail pour trotter à la position correctement contiguë avec notre trajectoire pour assurer que ses oreilles seraient caressées et des choses sympathiques chuchotées dedans.


62c96373d81b66a8d02807233fbe1420.jpgOne day we saw he had had a morning of making terrible mistakes in his sums and calculations, because he was standing hard by the tree, his Exceedingly Mathematical circle sharply reduced, his chain having got wound the trunk too many times. It was a little effort, overcoming his donkey stubbornness about getting unwound (I have known people like that), but he was so happy to regain his relative freedom that he followed me in an utterly straight line from point A to point B, as far as his chain would permit, until he was standing forlornly at the very circumference of his Exceedingly Mathematical circle, head lowered with his concentration on the final desperate calculations of my position in relation to his, watching me go.

6c6528fca18c3064e0539ff51f5af2fa.jpgUn jour on a vu qu’il a eu une matinée d’erreurs terribles dans ses sommes et ses calculs, parce qu’il était très près de l’arbre, son cercle mathématique très réduit, sa chaîne étant enroulée autour du tronc beaucoup trop de fois. Ce n’était pas sans peine que j’ai pu surmonté son entêtement d’âne contre l’idée de se défaire de son problème (j’ai connu des gens comme ça), mais il était si content de retrouver sa liberté relative qu’il m’a suivi dans une ligne droite de point A à point B, jusqu’à l’extrême bout de sa chaîne. Il restait là, dépité, la tête baissée avec sa concentration sur ses ultimes calculs désespérés de sa position par rapport à la mienne, me regardant partir.

d51b56d151b57b9021538ef6ee82fa42.jpgOur last day Philippe, Hélène and I went to gravely tell him good-bye. He understood, and flicked his tail only laconically at flies. We gave him our bread and a last pat and turned to begin heading, regretfully, to Paris. “Look at Babou!” Hélène said, and I turned to see that he was the very epitome of attention: straining and rigid at the extreme end of his chain, his head up, ears up, everything concentrated on calculations of probability – the probability of our bringing bread the next day, the probability of our whispering nice things in his ears sometime soon, the probability of his ever seeing us again. But there was no help for it, we went round the corner of the hedge and out of his sight.

“Hee haw!” We heard, and looked at each other, troubled. “Hee haw! Hee haw!” Babou called and called noisily. He so wanted us to return and demonstrate the error in his calculations. But there was no help for it. We had to go round the corner of the hedge and out of his quiet little life.

Notre dernier jour Philippe, Hélène et moi, nous sommes allés gravement lui dire au revoir. Il comprenais ce que se passait, et sa queue donnait que de petits coups laconiques contre les mouches. On lui a donné notre pain et une dernière caresse avant de se tourner pour se diriger à la gîte pour rentrer à Paris, avec regret. « Regardes Babou ! » disait Hélène, et je me suis retournée pour voir qu’il était l’attention incarnée : rigide et tirant sur sa chaîne, sa tête levée, les oreilles dressées, tout concentré sur des calculs de probabilité – la probabilité qu’on allait lui emmener du pain le jour après, la probabilité qu’on allait encore lui chuchoter des choses sympathiques dans les oreilles, la probabilité qu’il allait nous revoir de tout. Mais il n’y avait rien à faire, nous avons contourné la haie et nous sommes partis du champ de sa vision.

« Hi han ! » On a entendu, et on se regardait, troublés. « Hi han ! Hi han ! » Babou nous appelait et il nous appelait bruyamment. Il voulait terriblement qu’on revienne pour lui démontrer l’erreur dans ses calculs. Mais il n’y avait rien à faire, nous étions obligés de contourner la haie et partir de sa petite vie tranquille.


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From left to right: Philippe, Hélène, Babou, euh...me, and Hélène's friend, Anne-Sophie.

De gauche à droit: Philippe, Hélène, Babou, euh...me, et l'amie d'Hélène, Anne-Sophie.

Thursday, 12 June 2008

Quartier Rue Daguerre: Le Café du Rendez-Vous

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"We’ll have twelve fines de claire No. 3 oysters each," Dmitri-the-gilder specified to a waiter at the Café du Rendez-Vous ten years ago one mid-June evening. "And we need a cold bottle of Bourgogne Aligote." I concurred gratefully and studied my surroundings. It was a wonderful place: the walls were worn yellow, the lighting was cheap, bright and fluorescent, and the waiters wore black trousers, white polyester short-sleeved shirts, and wrapped their white cotton aprons up tight around their waists to tie the strings in front under their middle-aged paunches.

This was a last trace of Old Paris. Dmitri himself was something of a last trace of Old Paris himself, with his small polite white goatee, his American upbringing, long history in Paris, his close friendship with Robert Crumb (http://www.crumbproducts.com/) and his quite astonishing resemblance to King Lear. I once watched him go until midnight after a Twelfth Night galette and innumerable bottles of cider, a gilt-paper crown tilted crazily on his white-haired head, sententiously informing anyone who would listen: "I'm the king, you see."

98a67327d1f2a1c7542e7e8f2542e38d.jpg« On va prendre douze fines de claire n° 3, », Dmitri-le-doreur a spécifié au serveur au Café du Rendez-Vous il y a dix ans. C’était un soir en mi-juin. « Et il nous faut une fraîche bouteille de Bourgogne Aligote. » J’étais d’accord et reconnaissante, et je me suis mise à étudier mon environnement. C’était une merveille : les murs vieux et jaunis, l’éclairage bon marché, brillant et fluorescente, et les serveurs portaient de pantalons noirs, de chemises blanches en polyester avec de manches courtes, et ils enroulaient leur tablier bien serré autour de la taille pour faire un nœud devant sous leur ventre de la cinquantaine.

Ceci était une dernière trace du Vieux Paris. Dmitri lui-même était quelque chose comme une dernière trace du Vieux Paris, avec sa petite barbichette blanche et bien élèvée, son éducation américaine, son amitié de longue date avec Robert Crumb (http://www.crumbproducts.com/) et sa ressemblance étonnant au Roi Lear. Une fois je l’ai vu aller jusqu’à minuit après une galette des rois et de bouteilles innombrables de cidre, une couronne à une angle folle sur ses cheveux blancs, lui en train d’informer comme un sénateur à qui l’écouterait : « Je suis le roi, tu vois. »


After that long-ago dinner at the Café with Dmitri, I became a regular, mostly owing to it being one of the last places in Paris serving trout with far too many sliced almonds all fried with far too much butter. A decade passed in this pleasant way, until I walked past it a few months ago and saw the place half-gutted. I dodged an electrician and anxiously sought out someone who could give me an explanation.

"Yep, they're completely changing everything," the foreman cheerfully told me as he slapped the dust from his jeans. He had no idea of the effect of his words. Verging on cardiac arrest, I made a beeline for my neighbor Serge whom I saw innocently emerging from the corner supermarket.

"Eh, oui,” he told me, dangling his string bag of groceries while I gesticulated and aped slapping dust from my jeans. He listened while I raved a little incoherently about the glory of trout, almonds, gilding and fluorescent lighting; he then smoothed his gray mustache and did his best to comfort me, with a slow regretful Gallic shrug of the shoulders and a few more repetitions of "eh, oui." But there was little he could really say.

db336fabbb19150bdf0a2e67fea3c300.jpgAprès ce dîner d’antan au Café avec Dmitri, je suis devenue une habituée, surtout parce que c’était un des derniers endroits à Paris avec de la truite servie avec bien trop d’amandes frites avec beaucoup trop de beurre (miam). Une décennie est passée agréablement de cette façon, jusqu’à il y a quelques mois et j’ai vu l’endroit à moitié démoli. J’ai contourné un électricien et, anxieuse, je suis allée chercher quelqu’un qui pouvait me donner une explication.

« Ouais, ils changent tout complètement, » le chef de chantier m’a dit joyeusement en tapant ses jeans pour en faire sortir la poussière. Il ne comprenait pas l’effet de ses mots. Sur le bord d’une crise cardiaque, je suis allée droit vers mon voisin Serge qui je voyais émergeant du Monoprix.

« Eh oui, » il m’a dit, son sac de courses pendu à sa main pendant que je gesticulais et faisais des mimiques de taper de la poussière des mes jeans. Il écoutait pendant que je suis devenue un peu incohérente sur la gloire des truites, des amandes, la dorure et l’éclairage halogène ; il a mis un peu d’ordre dans ses moustaches grises et il a fait ce qu’il a pu pour me réconforter, avec un lent haussement bien gallique des épaules et encore quelques répétitions de « eh oui ». Mais il y avait peu qu’il pouvait réellement dire.


The Café has reopened as a bistro. I write this with a cold glass of Corsican rosé at hand. I look around and at lots of dark wood, handsome tobacco-colored leather, charming little Art Nouveau-styled lamps. I study the ceiling: professionally-done chocolate brown patina. The place is pubby, warm and welcoming. I study the menu: new, sophisticated, more expensive.

"I observe the trout with almonds is gone," I sadly tell the trim-looking bilingual waiter in his dove-gray bibbed apron. "I suppose the management has changed then?"

"Ah, non,” he exclaimed. "Look!"

And there I see the owner Sébastien Porte, his wife Mélanie and the elderly grandmother all cheerfully crowding around their newborn baby; a grizzled customer waggles his check playfully while the smiling babe coos and struggles to reach the tantalizing toy of paper.

And then I understood that change happens, but some things remain, and change can be a very good thing at that. So now I'm considering free-range chicken with fresh herb butter stuffed under its skin prior to roasting for my dinner. But I will start with the half dozen fines de claire No. 3 oysters that I see are still on the menu.

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Le Café s’est ré ouvert comme un bistro. J’écris ceci avec un verre de rosé corse sur la table. Je regarde autour de mois et je vois beaucoup de bois riche et sombre, de beau cuir la couleur de tabac, de petites lampes dans le style Art Nouveau. J’étudie le plafond : une patine professionnel la couleur de chocolat. L’endroit est comme un pub, chaleureux et accueillant. J’étudie la carte : nouveau, sophistiqué, plus cher.

« J’observe que la truite aux amandes n’est plus là, » je dit tristement au serveur mince et bilingue dans son tablier gris-bleu de bistro. « Je suppose qu’il y a un changement de propriétaires ? »

« Ah non ! » il exclame. « Regardez ! »

Et là je vois le propriétaire Sébastien Porte, sa femme Mélanie Porte et sa mère âgée, heureux tout autour de leur nouveau-né ; un client aux cheveux gris secoue son addition pour amuser le bébé qui fait de petits cris de joie et qui cherche à attraper le jouet de papier si attirant.

Et là j’ai compris que le changement arrive, mais il y a des choses qui restent, et le changement peut être un bonne chose après tout. Donc maintenant je considère du poulet fermier rôti avec du beurre aux herbes sous la peau pour mon dîner. Mais je commencerai avec une demi dizaine de fines de claire No. 3 que je vois sont toujours sur la carte.

Café du Rendez-Vous (http://www.lerendezvousparis.com/)
2 avenue du Général Leclerc
75014 Paris
01.43.21.34.05

Ouverture : 6:00 à 2:00 sans arrêt tous les jours
Open every day 6:00 am to 2:00 am without a break

Thursday, 29 May 2008

Hector

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He is about as long as my hand if you count his tail; his breast is grey-blue, his wings speckled white, and his awed black eyes ringed with orange. Elderly and hence not very active now, he spends his days on top of his cage having a deep think about the wall. This is why I affectionately refer to this endearing little creature as the Bird of Very Little Brain.

Hector is the sweetest thing, startled when picked up, but nestling down quietly in the hollow of one’s hand, surprised and receptive to getting the feathers on the back of his head gently ruffled.af7dd46fdcca2a8e86277ac999035d5a.jpg

Il est aussi long que ma main si vous comptez sa queue; sa poitrine est gris-bleu, ses ailes ont de petits points blancs, et ses yeux noirs et étonnés sont entourés d’orange. Agé et alors pas très actif maintenant, il passe ses jours sur sa cage, considérant le mur. C’est pour cette raison que, affectueusement, je l’appelle l’Oiseau de Très Peu de Cerveau.

Hector est l’être le plus adorable du monde, étonné quand on l’attrape, mais s'installant aussitôt dans le creux de la main, surpris et réceptif aux caresses qui désordonne un peu les plumes de sa tête.


331b3e395ef234f010d253808547da51.jpgHe is a miniature dove capable of two train-like cries. The first is a choo-choo sound: a booh-BOOH-dooh that he is maddeningly capable of repeating for hours. Having lost his Andromache some years ago, he painlessly transferred his affections to their old nest in a corner of the aviary, and lives to ruff his feathers and saw unknowingly at my nerves, his wings flicking with excitement: booh-BOOH-dooh, booh-BOOH-dooh, etc.

The other sound is like a train braking: EEeeeeeeh. Hector employs it to express either overall contentment, such as when he is hangs about on his beloved swing, or great astonishment, such as when confronted with an old sock. He then flattens his feathers close to his little body, cranes his neck, puffs his chest and then the 10:20 from Poughkeepsie hits the brakes: EEeeeeeh.

ddde87a76c0446280e205a1ab3ddadd4.jpgIl est une colombe miniature capable de deux cris comme un train. Le premier est un son un peu tchou-tchou: un bouh-BOUH-douh qu’il est capable de répéter pendant dans heures d’une façon enrageant. Ayant perdu son Andromaque il y a quelques années, il a transféré sans peine ses affections à leur vieux nid dans un coin de la volière, où il s'installe et il vit pour pouffer ses plumes et, inconscient, pour mettre mes nerfs en pelotes, ses ailes vibrant avec son agitation : bouh-BOUH-douh, bouh-BOUH-douh, etc.

L’autre son, c’est comme un train qui freine : EEeeeeeh. Hector l’emploie pour exprimer soit son extrême satisfaction générale, par exemple quand il est là sur sa balançoire adorée, or un grand étonnement, c'est-à-dire quand il est confronté avec une vieille chaussette. Alors il met ses plumes très près de son petit corps, il tourne sa tête dans tous les sens, remplit ses poumons, et ensuite il y a le 10:20 qui arrive de Poughkeepsie qui freine frénétiquement : EEeeeeeh.

7b3a91ee337eaa6d215b52d7af41768a.jpgThe two canaries that are in the aviary with him are livelier wags, and entertain themselves by perplexing him. I once looked up from a book to see all the birds gone strangely still: the two canaries on the swing staring mutely and unflinchingly down at Hector, and Hector cocking his head at different angles to study them overhead. It took me a minute to realize that this was a standoff. His problem was they were on his swing, and quite on purpose. You could see him thinking slowly: I’m down and they’re up, and that bothers me…..why? But he then got distracted by a seed on the floor he had been thinking a good bit about that day, forgetting the rank provocation hanging over his innocent head like a sword of Damocles.

6e9fdb427e1576bff5cca60f9aa390b1.jpgLes deux canaries qui sont dans la volière avec lui sont des lascars plus vif d’esprit, et s’amusent à le stupéfier. Un jour j’ai levé mon regard de mon livre pour voir tous les oiseaux étrangement immobiles: les deux canaries, muets et têtus sur le balançoire, fixaient leur regard sur Hector d'en haut; Hector tenait sa tête à de différents angles pour les étudier d'en bas. J’ai mis une minute pour comprendre qu’ils se neutraliser mutuellement. Le problème d'Hector, par contre, c’était que EUX, ils étaient sur SA balançoire. On pouvait le voir réfléchir lentement: je suis en bas, et eux, ils sont là-haut, et ça me dérange…pourquoi? Mais tout d’un coup il a été distrait par la présence d’une graine par terre qu'il avait beaucoup étudié ce jour-là, et aussitôt il a oublié la provocation directe qui était suspendu au-dessus sa tête d’innocent comme une épée de Damoclès.

f26870ed009a80d1d6d00f28a47c2679.jpgIt was my experimentation with voice dictation that brought about Hector’s move to Montrouge, as his train noises made my computer record words unrepeatable on this blog. He now has seamlessly transferred his affections to his seed cup, where he settles and lives to puff his feathers and saw away at my nerves, flicking his wings with excitement: booh-BOOH-dooh, booh-BOOH-dooh, etc. He companionably puffs his jowls atop his cage while we have dinner, or sometimes goes to hang out on a branch of the living room lamp, which he takes for a tree, observing the astonishing things he sees from there with the 4:20 from Nantes: EEeeeeeh.

I did a number of drawings of him the other evening, but since he is not very creative with his poses I ended up turning his cage with him on it for a different position - but like a compass finding true north, he simply turned himself around to go back to studying the wall again.

70a5bb59d4fb96e09096af1cc0ee39ec.jpgC’était mes expériences avec la dictée par voix qui a précipité le déménagement de Hector de l'atelier à Montrouge, parce que mon ordinateur interprété ses bruits de train comme des mots que je rougirait de mettre sur mon blog. Maintenant et sans heurte ses affections sont transféré à son mangeoire, où il s'installe et il vit pour pouffer ses plumes et mettre mes nerfs en pelotes, ses ailes vibrant avec son agitation : bouh-BOUH-douh, bouh-BOUH-douh, etc. En vrai compagnon, il pouffe les plumes autour de son bec pendant qu’on dîne ou il s'en va se percher sur une branche de la lampe du séjour, qu’il prend pour un arbre, commentant les choses incroyables qu’il voit de là-bas avec les freins du 16:20 de Nantes: EEeeeeeh.

J’ai fait une quantité de dessins de lui l’autre soir, mais comme il n’est pas très créatif avec ses poses, j’ai fini par faire des rotations de sa cage avec lui dessus pour obtenir d’autres positions – mais comme un compas qui retrouve le vrai nord, il se tournait sur lui-même tout simplement pour pouvoir réétudier le mur.


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Hélène and Hector
Hélène et Hector

Saturday, 01 March 2008

Japan of Long Ago II/Le Japon d'autrefois II

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88f52955a1001dd02c27659379d71e94.jpgTokyo - Tea shop
Tokyo - Salon de thé

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I went to the yakitori shop for my dinner almost every night after work. At closing time Master-san and Sato-san pulled the indigo-blue curtain across the doorway and took in the red paper lantern, while gesturing me to stay put. Arai-san and Yamada-san, their great friends, showed up around that time, guaranteeing an evening of mah-jong, storytelling, belly laughs and beer-pouring until far into the night.

04a7147eb4ac09326c74d1bb133ab4b5.jpgYamada-san owns the liquor store in this old quarter of Koiwa. His great happiness of pouring out a glass for someone rivals only with that of closing his eyes tightly and yodelling out an ancient Japanese enka song. Loud, cheerful, giggly, I was quickly very fond of him, and his family came to adopt me as well. On my leaving Japan we maintained our contact – indeed, Hidetoshi, the little boy I knew as his son grew up into a talented artist, and when in Europe he came to visit me. Yamada-san introduced me to simple Japanese plum wine with whole fruit floating in it, such that I think of him every time I see Damsons. I sent him bottles of French wine he put on a special shelf in his shop, beside the photo of him posing with a real French sommelier who had just given him a three-day course on Burgundies.

c7847e142a73c09cccc7399813315cd1.jpgYamada-san, his sweet, self-effacing wife and his son Hidetoshi threw something of a party on my brief return to Koiwa. The noisiest and best friends were invited, and there was no help for it, everyone had to take a turn singing while the others listened and emptied the plates Mrs. Yamada discreetly set out. When someone else sang, Yamada-san did the rounds to fill our glasses, peering into them with real concern. I contributed an English medieval song or two, and the others rattled the bottles on the shelves with enka music. Mrs. Yamada smilingly pressed her hands together and listened to each soloist with quiet joy, before slipping off to the kitchen for another plate of pickles for everyone.

I am lucky enough to have this little video of Yamada-san singing; Mrs. Yamada appears as well, tucked away in the back, and Hidetoshi is the tall, amused, quiet young man with the camera.

Hidetoshi's artwork can be viewed on his website, here:

http://www.hidetoshiyamada.com



J'allais prendre des yakitori pour mon dîner presque tous les soirs. A la fermeture, Master-san et Sato-san tirait le rideau d’un bleu indigo pour fermer la porte, et ils rentraient la lanterne rouge en papier, tout en me faisant des signes d’y rester. Arai-san et Yamada-san, leurs grands amis, arrivaient vers cette heure-là, la garantie s’une soirée de mah-jong, récits, fou rires et de la bière tard dans la nuit.

2ec79559f73c8d100ac906f05b4640b1.jpgYamada-san est propriétaire du magasin de sake dans ce vieux quartier de Koiwa. Son grand bonheur, celui de verser un verre pour quelqu’un, rivalise avec celui de fermer ses yeux fermement et hurler une chanson ancienne du Japon, l’enka. Bruyant, de bonne humeur, prêt à rire, j’ai rapidement eu beaucoup d’affection pour lui, et sa famille m’a adopté aussi bien. Quand j’ai quitté le Japon nous avons maintenu notre contact – au fait, Hidetoshi, le petit garçon que j’ai connu comme son fils, a grandi pour devenir un artiste de talent, et quand il était en Europe il est venu me voir. Yamada-san m’a fait connaître un vin simple aux pruneaux avec de fruits entiers dedans, et je pense à Yamada-san depuis chaque fois que je vois des Damsons. Je lui ai envoyé des bouteilles de vin français qu’il a mis sur une étagère spécifique dans son magasin, à côté de la photo de lui avec un vrai sommelier français qui venait de lui faire un stage de trois jours sur les bourgognes.

Yamada-san, sa femme douce et discrète, et son fils Hidetoshi ont fait une fête pour mon retour bref au Japon. Les amis les plus bruyants et les plus proches étaient invités, et il n’y avait rien à faire, chacun prenait son tour pour chanter pendant que les autres écoutaient et vidaient les assiettes Mme Yamada mettait devant nous discrètement. Quand quelqu’un d’autre chantait, Yamada-san faisait le tour pour remplir nos verres, les scrutant avec une vraie inquiétude. J’ai contribué une ou deux chansons médiévales en anglais, et les autres ont fait vibrer les bouteilles sur les étagères avec de la musique enka. Mme Yamada souriait et mettait ses deux mains ensemble, écoutant avec une joie toujours discrète, avant de glisser vers la cuisine pour chercher encore une assiette de cornichons pour tout le monde.111863a6432ac703b8f1bd2ded861779.jpg

J’ai la chance d’avoir cette petite vidéo de Yamada-san en train de chanter ; Mme Yamada est là aussi, nichant loin derrière tout le monde, et Hidetoshi est le grand jeune homme amusé, calme avec son appareil de photo.


L'art de Hidetoshi peut être vu sur son site, ici:

http://www.hidetoshiyamada.com

Thursday, 28 February 2008

The Japan of Long Ago/Le Japon d'autrefois

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Master-san and Sato-san before their yakitori-shop
Master-san et Sato-san devant leur restaurant de yakitori

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One snowy night I was cold, hungry and stir-crazy in my tiny rented room in Japan, and plunged out into the drifts to find dinner. I was soon soaked and frozen, and when at last I saw a red paper lantern glowing down a street, I was drawn like any heat-seeking device.

I stepped into a miniscule yakitori shop, peopled by the middle-aged couple behind the counter and a lone customer comfortably nursing a bottle of sake at his elbow. They fixed marvelling stares on me as my glasses fogged. My brain didn’t produce anything very coherent, preferring to limit itself to “Nani-wa oishi desu-ka?” (“What’s delicious here?”)

c1d507c921576422d805756ec86425d6.jpg The owner Master-san looked at his wife Sato-san, who shrugged and passed him a box of prepared yakitori. He went on to obediently dip them in sauce and grill them. And by the end of the end of the evening gestures, drawings, broken Japanese, cold beer, hot saké and their unfailing patience had done wonders to advance the acquaintance, and by the time I left the country they had become as dear to me as a mother and father.

Although long ago, they and their generosity, despite their very limited means, marked me for life.

632f6a7923d998e95866677f10998f21.jpgWe did what we could to stay in touch: I sent flowers when their daughter married; they sent amulets from the local shrine. I wrote baby Japanese and drew pictures for them on notebook paper, and they sent back snowy-white rice paper with elegant brushstrokes to inquire formally after my health and the weather in Paris, and to remind me of their affection.

Twenty years passed, and a middle-aged woman myself now, I returned to see them.

Some things are so big for the heart that the tongue cannot speak. They are now old, and small, and Master-san explains that despite his tiredness he prefers to keep working in his shop to remain vital. Sato-san fondly chaffs him and fetches a beer for a customer.

I went to see them once, and then once again, and then it was time to part again, this time quite probably for good.

“Look,” he told me then. He reached for the manekineko, the lucky happy-cat I had once given them that has stood in their shop for twenty years, beckoning with its china paw. He turned it over in his hands, and there I read what he had written painstakingly long ago, in my language and in my alphabet, and in my youth: “Deborah Mends. 1986.”

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Manekineko, the cat that brings luck and happiness
Manekineko, le chat qui apporte la chance et le bonheur


Une nuit enneigée j’avais froid, j’avais faim et je mourrais de bouger un peu de ma petite chamber louée au Japon, et j’ai plongé dehors dans la neige pour chercher un dîner. Rapidement j’étais trempée et gelée, et quand j’ai enfin vu une lanterne rouge en papier dans une rue, j’étais attirée comme toute missile à tête chercheuse aux infrarouges.

Je suis entrée dans un restaurant miniscule de yakitori, peuplé avec un couple de la cinquaintaine et un client solitaire qui gardait un flacon de saké sous la coude. Ils me regardaient de gros yeux pendant que mes lunettes embrumaient. Mon cerveau ne trouvait rien de cohérent, préfèrant de se limiter à « Nani-wa oishi desu-ka ? » (« C’est quoi qui est délicieux ici ? »)

43fbd2095e8c097df79fca48d383ec19.jpgLe propriétaire Master-san a jeté un regard à sa femme Sato-san, qui a haussé les épaule avant de lui passer une boîte de yakitori préparés. Obéissant, il les a plongé dans une sauce pour les mettre sur la grille. Et à la fin de la soirée les gestes, les dessin, le japonais de débutant, la bière froide, le saké chaud et leur patience sans faille a fait des miracles pour avancer la relation, et à la fin de mon séjour dans le pays ils me sont devenus aussi chers qu’une mère ou un père.

Même si ça fait longtemps, eux et leur générosité, en dépit de leur moyens très limités, m’ont marqué pour la vie.

Nous avons fait ce qu’on a pu pour garder le contact : j’ai envoyé des fleurs quand leur fille s’est marié ; ils m’ont envoyé des amulettes de la sanctuaire. J’ai écris dans un japonais de bébé et j’ai dessiné sur des feuilles de cahier, et ils m’ont envoyé du papier riz d’une blancheur de neige, avec des marques de pinceau élégantes, pour me demander formellement comment allait ma santé, le temps à Paris, et pour me rappeler leur affection.

f5bd6f93eac4009deef142c98ae35eb0.jpgVingt ans sont passés, et maintenant de presque cinquante ans moi-même, je suis retourné pour les voir.

Certaines choses sont si grandes pour le cœur que la bouche ne peut pas parler. Ils sont maintenant vieux, et petits, et Master-san explique qu’en dépit de sa fatigue il préfère travailler toujours dans son petit restaurant pour rester dynamique. Sato-san se moque doucement de lui et elle cherche une bière pour un client.

Je suis allée les voir une fois, puis encore une fois, puis il était temps de se séparer encore une fois, probablement cette fois-ci pour toujours.

« Regardes, » il m’a dit à ce moment-là. Il a cherché le manekineko, l’heureux chat qui apporte chance que je leur ai offert autrefois, et qui reste dans leur restaurant depuis vingt ans, faisant signe avec sa patte en porcelein. Il l’a retourné dans ses mains, et là j’ai lu ce qu’il a écrit péniblement autrefois, dans ma langue et avec mon alphabet, et dans ma jeunesse : « Deborah Mends. 1986.
»

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Tuesday, 01 January 2008

Happy New Year! / Meilleurs Voeux!

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I have done this little cartoon to send you my best wishes to all for a happy, fruitful and successful New Year!

J'ai fait ce petit dessin drôle pour vous envoyer mes meilleurs voeux à tous pour un Nouvel An qui est heureux, fructeux et plein de succès!



Warmly, et chaleureusement,

Deborah Mends

Sunday, 02 December 2007

Remembrance of Things Past/A la recherche du temps perdu

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Philippe with his bag of madeleines, at the edge of the Côté de chez Swann
Philippe avec son sac de madeleines, aux abords du Côté de chez Swann
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"For living in, Combray was a bit grim, like its streets with its houses built with blackish stones from the region, with flights of steps preceding them, topped with gables that cast down shadows before them, being dark enough to make it necessary as soon as day began to raise the curtains in the dining and sitting rooms."

"A l'habiter, Combray était un peu triste, comme ses rues dont les maisons construites en pierres noirâtres du pays, précédées de degrés extérieurs, coiffées de pignons qui rabattaient l'ombre devant elles, étaient assez obscures pour qu'il fallût dès que le jour commençait à tomber relever les rideaux dans les 'salles'."
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6e69748c5cf8017b5117b8a78ac87df9.jpgThe steeple of St James Church, Illiers-Combray
La flêche de l'église de St Jacques, Illiers-Combray
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My 15-year-old son Philippe and I were in Illiers-Combray, where we had come to discover the village and the madeleine that had so inspired Marcel Proust. We had already tasted the excellence of that little cake and understood its significance. Now we had to travel further afield.

The tiny Marcel Proust Museum, otherwise known as Auntie Léonie's house, was inexplicably closed, and even our great friend the cheery pastry shop owner who was selling us our second bag of madeleines couldn't give us the reason why. There was nothing for it but to explore the village's surrounding area with the help of a little plan the bookshop owner kindly gave us. It turned out we could visit the museum in the afternoon.
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The pastry shop of the madeleines
La pâtisserie des madeleines
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Mon fils Philippe (15 ans) et moi, nous étions à Illiers-Combray, où nous sommes venus pour découvrir le village et la madeleine qui a si inspiré Marcel Proust. Nous avions déjà goûte l'excellence de ce petit gâteau et nous avons compris son sens et son importance. Maintenant il fallait aller plus loin.

Le tout petit musée Marcel Proust, autrement connu comme la maison de tante Léonie, etait fermé inexplicablement, et même notre grand ami la gaie pâtissière qui nous vendait notre deuxième sac de madeleines ne pouvait pas nous donner une explication. Il n'y avait rien à faire sauf explorer les environs du village avec l'aide du petit plan que le libraire nous a gentiment donné. Ca s'est révélé qu'on pouvait visité le musée dans l'après-midi.

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Pré Catelan landscaped garden
Le jardin paysagiste du Pré Catelan
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It was November all right, cold and grey. We dug our hands into our pockets and watched our breath steam as we talked to each other. We tramped in this way to the outskirts of the town, and with the tall church-steeple of Illier (I mean Combray) watching our every move. We seemed to live in two worlds at once, finding our way for the first time to strangely familiar places: the charming Promenade de la Fontaine led to La Grand'Planche (sorry, Vieux-Pont) bridge, we crossed the Loir (excuse me, the Vivonne) river and made our way to the Pré Catelan, the little landscaped garden that was in fact really designed by Proust's Uncle Julien, flesh-and-blood husband to the fictional madeleine-giving Auntie Léonie. We headed up along the Chemin des Aubépines with Philippe eagerly turning thumbed pages of Proust, to reach the crest of the hill. An opening in the shrubbery brought us out into the open field stretching to the misty horizon. The very land was quiet, still and felt like it had always been waiting there for us to find.

"The memory of a certain image is only the regretting of a certain moment," Philippe read aloud behind me. He added, "Mom, do you know where you are? This is the walk Proust and his family took on fine days." He waved the book at me. "This is it. The Côté de chez Swann."
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Opening in the shrubbery from the Chemin des Aubépines to the Côté de chez Swann
Ouverture dans les arbutes du Chemin des Aubépines au Côté de chez Swann
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C'était bien novembre, froid et gris. Nous avons enfoncé nos mains dans nos poches et nous avons regardé notre souffle en vapeur devant nos bouches pendant qu'on parlait. Nous avons marché comme ça vers l'extérieur de la ville, et avec la grande flêche de l'église d'Illiers (je veux dire Combray) surveillant chaque pas. On semblait vivre dans deux mondes à la fois, cherchant notre chemin pour la première fois vers des choses étrangement connues: la charmante Promenade de la Fontaine menait vers La Grand'Planche (pardon, le Vieux-Pont), nous avons traversé le Loir (excusez-moi, la Vivonne) pour faire notre chemin vers le Pré Catelan, le petit jardin paysagiste qui au fait a été dessiné par Oncle Julien, dont Proust était neveu; Oncle Julien était le vrai mari en chair et os de la tante Léonie de la fiction, avec ses madeleines. Nous avons montés le Chemin des Aubépines avec Philippe qui tournait fièvreusement les pages usées de son Proust, pour arriver sur le haut de la colline. Une ouverture dans les arbustes nous menait vers un champ ouvert, qui allait jusqu'à l'horizon brumeux. La terre elle-même était séreine, immobile et donnait l'impression qu'elle nous attendait depuis toujours, attendant qu'on la trouve.

«Le souvenir d'une certaine image n'est que le regret d'un certain instant», Philippe a lu derrière moi à haute voix. Il a ajouté: "Mom, tu sais où tu es? C'est le chemin que prenait Proust avec sa famille quand il faisait beau." Il a gesticulé avec son livre. "Le voici. Ici c'est le Côté de chez Swann."

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The stairs Proust, as a child and as a book character, sadly climbed to go to bed without his mother's goodnight kiss.
Les escaliers que Proust, enfant et personnage de fiction, montait tristement pour se coucher sans le bisou de sa mère
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Wednesday, 28 November 2007

Remembrance of Madeleines Past/A la recherche de madeleines du passé

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919bb64740ce04be296cfc30f70b9700.jpgJacques-Emile Blanche: Portrait of Marcel Proust (1892)
Musée d'Orsay, Paris - France
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"She sent for one of those squat, plump little cakes called 'petites madeleines', which look as though they had been moulded in the fluted valve of a scallop shell. And soon, mechanically, dispirited after a dreary day with the prospect of a depressing morrow, I raised to my lips a spoonful of the tea in which I had soaked a morsel of the cake. No sooner had the warm liquid mixed with the crumbs touched my palate than a shudder ran through me and I stopped, intent upon the extraordinary thing that was happening to me. An exquisite pleasure had invaded my senses, something isolated, detached, with no suggestion of its origin. And at once the vicissitudes of life had become indifferent to me, its disasters innocuous, its brevity illusory - this new sensation having had on me the effect which love has of filling me with a precious essence; or rather this essence was not in me, it was me. I had ceased now to feel mediocre, contingent, mortal. Whence could it have come to me, this all-powerful joy? I sensed that it was connected with the taste of the tea and the cake, but that it infinitely transcended those savours, could, no, indeed, be of the same nature. Whence did it come? What did it mean? How could I seize and apprehend it? …

…And as soon as I had recognized the taste of the piece of madeleine soaked in her decoction of lime-blossom which my aunt used to give me (although I did not yet know and must long postpone the discovery of why this memory made me so happy) immediately the old grey house upon the street, where her room was, rose up like a stage set to attach itself to the little pavilion opening on to the garden which had been built out behind it for my parents …and with the house the town, from morning to night and in all weathers, the square where I used to be sent before lunch, the streets along which I used to run errands, the country roads we took when it was fine. And as in the game wherein the Japanese amuse themselves by filling a porcelain bowl with water and steeping in it little pieces of paper which until then are without character or form, but, the moment they become wet, stretch and twist and take on colour and distinctive shape, become flowers or houses or people, solid and recognizable, so in that moment all the flowers in our garden and in M. Swann's park, and the water-lilies on the Vivonne and the good folk of the village and their little dwellings and the parish church and the whole of Combray and its surroundings, taking shape and solidity, sprang into being, town and gardens alike, from my cup of tea."
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Philippe, a Proustian madeleine, a cup of tea
Philippe, une madeleine proustienne, une tasse de thé
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« Elle envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblaient avoir été moulés dans la valve rainurée d’une coquille de Saint-Jacques. Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d’un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine. Mais à l’instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d’extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m’avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. Il m’avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu’opère l’amour, en me remplissant d’une essence précieuse: ou plutôt cette essence n’était pas en moi, elle était moi. J’avais cessé de me sentir médiocre, contingent, mortel. D’où avait pu me venir cette puissante joie? Je sentais q’elle était liée au goût du thé et du gâteau, mais qu’elle le dépassait infiniment, ne devait pas être de même nature. D’où venait-elle? Que signifiait-elle? Où l’appréhender?...

…Et dès que j’eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s’appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu’on avait construit pour mes parents sur ses derrières…et avec la maison, la ville, la Place où on m’envoyait avant déjeuner, les rues où j’allais faire des courses depuis le matin jusqu’au soir et par tous les temps, les chemins qu’on prenait si le temps était beau. Et comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela que prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé. »

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An Illiers-Combray café regular
Un habitué du café d'Illiers-Combray
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My 15-year-old son Philippe, who just finished reading Swann's Way, had the wonderful idea of visiting the village out of Proust's childhood ("Illiers") that was the inspiration behind the one in Remembrance of Things Past ("Combray"). We took the train out to this small provincial French village (today "Illiers-Combray") and decided that first things were first; we had to buy some madeleines and get ourselves a cup of tea.

Imagine our astonishment when Philippe and I discovered that the village's bakery not only had fresh ones, it was actually the shop where the real Auntie Léonie bought them for her little nephew at the end of the nineteenth century. I was further charmed to see that they were unlike the madeleines I had seen anywhere else, plump things like golden little cushions in the shape of real scallop shells. Illiers in medieval times was a stop on the route from Paris to the shrine of St. James the Apostle at Compostela, hence the shape of the madeleine taken from the shell the pilgrims wore in their hats. And hence Proust's description of his madeleine, which had always puzzled me. Parisian madeleines are fluted, but don't really make you think of scallop shells. The most extraordinary thing of all is that the shop still uses the same madeleine molds they used when Proust was a boy, and the same delicious recipe with its hint of lemon rind...

We settled in the village café and the owner kindly accepted our bringing out our famous little cakes. The ambiance was a bit particular, with plenty of grizzled-looking regulars chain-smoking and drinking very black coffees, but Philippe ordered his tea, I got a crème, and we tidied up the whole package of six in no time. Alas, we did not experience anything that for ourselves could give rise to a place in literary history, but we were happy and provided entertainment for the gentleman at the next table eyeing my drawings. Our tummies sorted, we were ready to sally forth and look for traces of Proust...
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St James' Church in Illiers-Combray
L'église St Jacques à Illiers-Combray
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Mon fils de 15 ans, Philippe, qui vient juste de terminer Côté de Chez Swann, a eu l'idée merveuilleuse de visiter le village de l'enfance de Proust ("Illiers") qui a été l'inspiration du village dans A la recherche du temps perdu ("Combray"). Nous avons pris le train vers ce petit village de province (aujourd'hui "Illiers-Combray") et nous avons décidé de ne pas mettre la charrette devant le boeuf, il fallait acheter des madeleines et nous chercher une tasse de thé.

Imaginez notre surprise quand Philippe et moi ont découvert que le pâtissier du village avait des madeleines fraîches, mais en plus le commerce était le même où la vrai Tante Léonie a acheté ses madeleines pour son petit neveu à la fin du 19ème siècle. J'étais encore plus charmé à voir qu'elles étaient différentes de toute autre madeleine que j'avais jamais vu ailleurs - dorées et dodus comme un petit coussin, dans la form d'une coquille St Jacques. Au Moyen Age Illiers était une halte sur la Route de Paris à Santiago di Compostela, d'où la forme du gâteau évoquant la coquille que portaient les pélerins sur leur chapeau. D'où, aussi, la déscription proustienne de sa madeleine, ce qui m'a toujours fait me poser des questions. Les madeleines de Paris sont rainurées, mais ne font jamais penser à une coquille St Jacques. Le meilleur, c'est que le pâtissier utilise toujours les mêmes moules qui ont servi pour faire cuire les madeleines du temps de l'enfance de Proust, et la même recette avec son goût délicieux qui laisse apercevoir une nuance de zest de citron...

On s'est établi dans le café du village et le propriétaire a accepté qu'on sort nos fameux petits gâteaux. L'ambiance était un peu particulier, avec plein d'habitués un peu grisâtres qui fumaient à la chaîne et buvaient de cafés très noirs, mais Philippe a commandé son thé, moi mon crème, et nous nous sommes occupés de tout le petit paquet de six en moins deux. Hélas, nous n'avons rien experimenté qui aurait pu nous gagner une place dans l'histoire de la littérature, mais nous étions heureux et nous avons fourni un divertissement pour le monsieur à la table de côté qui lorgnait mes dessins. On s'est occupés de nos ventres, on était prêt à sortir pour aller chercher des traces de Proust...

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A madeleine from and in Illiers-Combray
Une madeleine de et à Illiers-Combray
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Saturday, 17 November 2007

Foreign Climes / Des endroits qui se trouve loin

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A postcard I drew for Véronique who studies to be a speech therapist in Paris/Une carte postale que j'ai dessiné pour Véronique qui étudie être orthophoniste à Paris
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In recent travels abroad I began the habit of drawing my own postcards to send to friends; it then struck me how very far-flung my friends are now.

As students at NYU, Kris and I pooled our money to buy scandalous desserts at the Peacock Café; she is now in Japan watching over her family and her friends. Hayet took me in as a lodger in Paris when I went to the university here, and she introduced me to the hammam and to oranges picked fresh from her father’s orchard; she is now in Tunisia running her father’s property.

Cynthia and I used to stay up all night drinking coffee in Greenwich Village cafés and talking about how our writing would change the world; she is now in St Louis, Missouri, working for fair politics and writing theatre. George is the political science professor I met on a tour bus in Brittany; he shuttles back and forth now between Tennessee and Cyprus.

Abhay was an intellectual soulmate with whom I sat on a river bank in Nikko to take turns reading parts from a Shakespeare play for the fun of it; he navigates between Delhi, Toronto and London. When they were small, Norman the Scotsman kept my children busy to give me the time and freedom to really visit Oxford’s Bodleian Library; he keeps me updated on London’s latest art exhibitions.

Igor and I discovered we each take food as seriously as the other does; he practices law in Moscow and provides me with minute-by-minute SMS updates of his restaurant experiences when he visits Venice. Catherina and I knew each other briefly in a French class in Paris; after her travels in Africa, she settled in her native Australia where she is a therapist and social worker.

Amanda and I met in Paris when she bailed me out on my first interpreting job for the Ministry of Agriculture; she now is opening a school in Brittany. Neil and I met on a nightmare translation job we were both assigned to; he still bails me out when my computer crashes from where he lives with his family in Marne la Vallée. Ted turned me on to Alexander Pope and Wagner when I was his student in high school; today he is a photographer in the same region of Connecticut in the States, a photographer of increasing renown.

So many dear and remarkable friends abroad or far away…

Thank goodness for the internet!
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A postcard I drew for Amanda and Eric/Une carte postale que j'ai dessiné pour Amanda et Eric
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Pendant des voyages à l'étranger récemment, j'ai pris l'habitude de dessiner mes propres cartes postales; et ça me frappe combien mes amis sont éparpillés dans le monde maintenant.

En tant qu’étudiantes à New York University, Kris et moi mettaient notre argent ensemble pour acheter de desserts scandaleux au Peacock Café ; elle est maintenant au Japon, veillant sur sa famille et ses amis. Hayet m’a loué une chambre à Paris quand j’étais à la fac ici, et elle m’a fait connaître le hammam et les oranges fraîchement cueillis du verger de son père ; elle est maintenant en Tunisie, gérant la propriété de son père.

Cynthia et moi passaient les nuits à boire du café dans les cafés de Greenwich Village, parlant de comment notre écritures allaient changer le monde ; elle est aujourd’hui à St Louis, Missouri, oeuvrant pour de la politique juste et écrivant du théâtre. George est le professeur à la fac de science politique que j’ai rencontré dans un car de touristes en Bretagne ; il fait la navette maintenant entre le Tennessee et le Chypre.

Abhay était l’ami avec qui je partageait des gouts intellectuels et avec qui je me suis assise sur un rive à Nikko pour lire à tours de rôle du Shakespeare pour nous amuser ; il navigue entre Delhi, Toronto et Londres. Quand ils étaient petis, Norman l’Ecossais occupait mes enfants pour me donner le temps et la liberté pour visiter la Bibliothèque Bodleian d’Oxford, réellement. Il me tient au courant des dernières expositions d’art à Londres.

Igor et moi avons découvert que chacun de nous prends la gastronomie aussi au sérieux que l’autre ; il est avocat à Moscou et me donne des mises à jour par SMS et par minute de ses expériences au restaurant quand il visite Venise. Catherina et moi, nous nous sommes connues brièvement dans un cours de français à Paris ; après ses voyages en Afrique, elle s’est installer dans son Australie natal où elle est psychothérapeute et assistante sociale.

J’ai rencontré Amanda à Paris où elle m’a sauvé pendant ma première mission en tant qu’interprète, au Ministère d’Agriculture ; elle ouvre son propre école maintenant en Bretagne. J’ai rencontré Neil pendant une mission de traduction de cauchemar ; il me sauve encore quand mon ordinateur pète les plombs depuis là où il habite avec sa famille à Marne la Vallée. Ted m’a passionné pour Alexander Pope et Wagner quand j’étais son élève au lycée ; aujourd’hui il est photographe dans la même région de Connecticut aux Etats-Unis ; un photographe de plus en plus renommé.

Tant d’amis chers et remarquables à l’étranger ou très loin de Paris…

Dieu merci pour l’internet !
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A postcard I drew for Kris and Katsuhiro/Une carte postale que j'ai dessiné pour Kris et Katsuhiro
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